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Samedi 21 janvier 2006
Bénis soient les PACS

"La famille est la plus petite cellule de la société."
Ce n'est pas parce que la citation qui précède est d'un certain Hitler qu'elle est fausse. Mais cela doit attirer notre attention sur le fait qu'une affimation, même vraie, peut être mise au service des stratégies les plus retorses. D'ailleurs, la famille ressemble parfois davantage à une cellule de prison qu'à la cellule de base du corps social. "Quitter père et mère" peut être une libération...

Il est faux par ailleurs de dire que l'existence, à côté de la structure familiale classique, d'autres styles de vie, est de nature à détruire la famille. Sans quoi il faudrait affirmer que les multiples formes d'existence monacale sont à proscrire. Elles existent. Cela ne change rien à la vie quotidienne du plus grand nombre. C'est d'ailleurs le principal reproche qu'on peut adresser à ceux qui en font un modèle. De même, il existe depuis toujours des formes de vie commune ne correspondant pas au schéma familial classique. Deux frères ou deux soeurs partageant leurs derniers jours ; des personnes de même sexe vivant un amour que l'on dit coupable, mais qui n'est coupable de rien ; d'autres encore que le trajet inattendu de leurs existences ont conduit à se retrouver, sans même le plus souvent qu'ils s'y attendent.

On peut souhaiter pour soi-même telle ou telle forme de vie. On peut vivre avec reconnaissance ce qu'il nous est donné de vivre. Dans tous les cas, chacun se doit d'accompagner l'autre dans son itinéraire, et d'espérer qu'il le vive le mieux possible, en donnant le meilleur de lui-même.
Le mariage est une manière d'offrir à certaines personnes un cadre juridique et une existence civile pour vivre leur amour. Il s'agit de protéger les deux partenaires ainsi que les enfants en cas de défaillance de leur affection ou de situation imprévues. On ne se marie pas par amour, car l'amour se suffit à lui-même. Le mariage ne fonde pas non plus la famille : celle-ci le précède ; bien des familles non mariées sont aussi solides que les autres. Tant mieux si le mariage convient à beaucoup, à commencer par les signataires de ce texte. Mais d'autres formes d'union existent. Il est légitime qu'elles trouvent aussi un cadre où être harmonieusement vécues. Chacun doit être libre de rompre avec des traditions, sans se retrouver pour autant en marge de la société.

Tant évoqué à l'appui de la défense de la famille, Jésus de Nazareth n'en avait nullement fait une valeur. S'il faut en croire les évangiles, lui-même se retrouvait davantage dans une communauté d'adhésion. Il appelait ses proches à abandonner leur famille - sans l'exiger de tous les disciples. Sa vie hors norme ne peut pas être récupérée par le monde, ses traditions, son conformisme, son intolérance. L'image que notre maître nous donne est celle d'un accueil de chacun, dans sa différence et son itinéraire personnel. À l'époque cela n'a pas manqué de choquer les esprits religieux...
Le mariage n'est pas en soi un acte religieux. La loi le reconnaît. Il ne peut être que civil. Nous-mêmes, nous demandons à Dieu de bénir une union, à cette occasion. La loi, nous l'espérons, offrira demain un cadre légal à d'autres formes d'unions. Nous demanderons pareillement la bénédiction de Dieu sur ces unions.
Nous disons "oui" au Pacs, parce que nous disons "oui" à tout ce qui peut aider des hommes et femmes à être heureux dans leur rencontre de l'autre.
Les signataires
Pasteurs de l'Église réformée d'Alsace Lorraine :
Jean-Marc Heintz, Riedisheim
Roland Kauffmann, Mulhouse
Marc Muller, Mulhouse
Jean-Marc Saint, Dieuze
Pasteurs et membres de l'Église réformée du Canton de Berne :
Corinne Baumann, pasteure et journaliste à la Vie Protestante Berne/Jura
Christine Gagnebin-Diacon, journaliste à la Vie protestante >Berne-Jura, Tramelan
Cédric Némitz, pasteur , Bienne

Pasteurs de l'Église réformée évangélique du Canton de Neuchâtel :
Fabrice Demarle, Cortaillod
François Dubois
Pasteurs de l'Église réformée de France :
Gilles Castelnau, Paris
Serge Guilmin, Laroquebrou
Pierre-Yves Ruff, Paris

Prédicateurs et prédicatrices de l'Église réformée de France :
Claudine Castelnau, journaliste
Membres de l'Église réformée de France :
Gérard Barcello, enseignant ( 75); Anne Boyard, enseignante (50); Patrick François van Dieren, éditeur (75); Jean-Luc Dupaigne, ingénieur informaticien (69), Chantal Laplanche, documentaliste (27); Henry Masson, récemment Président d'un Conseil presbytéral (75); André le Mellionnec, Agent commercial, Sarzeau; Jean-François Quaglino, psychologue (89); Alain Rossignol (76) professeur; Anne Rossignol (76) documentaliste

Membres de l'Église catholique romaine :
Hervé Boulic, journaliste (78).

Rejoindre les signataires
Bienvenue aux prédicateurs et prédicatrices présidant des célébrations de mariages, aux pasteurs, aux prêtres, aux évêques, etc., mais aussi depuis peu à tous les autres (merci d'indiquer vos nom et prénom, la fonction que vous souhaitez voir figurer sur cette page, le numéro de votre département ou votre pays, enfin un numéro de téléphone où vous joindre pour vérifier l'exactitude des renseignements reçus). En cas de signatures groupées, vous pouvez aussi adresser un courrier à transmettre à l'un des pasteurs signataires.
par Réformez publié dans : reformez
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Mardi 6 décembre 2005
TaPaGeS (TransPédéGouines de Strasbourg),
http://www.tapages67.org/

le 4 décembre 2005,
URL du communiqué :
http://tapages67.org/_pages/com/cp_anatrella_20051204.html

NOUS, "IMMATURES", "INACHEVÉ(E)S" ET "NARCISSIQUES"...


Lettre ouverte à Tony Anatrella



Tony,

Tu as encore craché ta bile biblesque, récemment, dans
L'Osservatore Romano *...
Notre réponse ne sera pas théologique. Nous n'avons ni
l'envie ni le temps de nous plonger dans la Bible pour
te répondre, pour vérifier ce que tu avances, pour y
légitimer le droit d'être trans' et/ou pédégouines.
On n'a pas encore fini de lire les œuvres de Malcom X.
Alors tu penses comment la Bible est pour nous une
urgence...

Et puis à vrai dire on s'en fout que le Vatican ne
veuille pas de curé pédé.
On n'était pas candidatEs.
On caresse d'autres désirs, à la recherche d'autres
Passions que celle, mortifère, du Christ en croix et
d'un paradis sans cesse remis à demain, à plus tard, à
ailleurs.
Pas de terre promise, mais des terres permises ici et
tout de suite.

C'est autre chose qui nous incite à t'écrire. A te
lire, nous avons été saisiEs de crainte : tu parais si
bien nous connaître !
Car oui : "immatures", "inachevéEs" et "narcissiques",
nous le sommes !
Loin de nous l'idée de contester ton diagnostic.
Il est vrai qu'à force de les violer (comme certains
curés US) ou de les noyer (comme certains curés scouts
français), vous finissez par en connaître un rayon sur
les enfants et l'immaturité. Et qu'à nous scruter
obsessionnellement depuis des siècles, vous avez bien
dû finir par découvrir quelques-uns de nos secrets.
Mais tu as oublié (ou peut-être l'Osservatore Romano
t'a -t-il censuré ?) que nous sommes aussi revêches,
hystériques, obsédéEs, que nous nous esclaffons
bruyamment, les poignets cassés, les lèvres glossées,
et les cils papillonnants.

De nous retrouver aussi bien décritEs nous a apeuréEs.

Et si les mots étaient piégés ?
Et si tu n'y mettais pas le même sens que nous ?
Par exemple l'altérité : c'est amusant, cette manière
que vous avez de la loger uniquement dans les organes
génitaux, là où nous la découvrons dans un clin d'œil,
dans un regard par-dessus l'épaule dans la rue, dans
nos orgasmes, dans nos fous-rires et dans nos
luttes...

Bref, tu as raison : Si "immatures" signifie ne pas
acquiescer à ce monde et résister, alors oui, à
TaPaGeS, nous ne voulons surtout pas devenir adultes.
Nous n'envions pas ta maturité, autoritaire et
normative, jugeant, jaugeant la vie des autres.
Nous avons des enthousiasmes et des gravités
d'adolescentEs, des peines et des insouciances
d'enfants, des ricanements et des refus de sales
gosses.
Nous sommes immatures.
Comme nos sœurs de Stonewall, qui en 1969 pleuraient
Judy Garland, le talon aiguille à la main face aux
flics.
Comme ce peuple d'imbéciles qui vote Non à l'Europe
des curés et du capital, qui ne veut rien comprendre à
l'économie libérale.
Comme certainement ces deux gamins pendus en Iran cet
été parce qu'ils s'enfilaient.

Immatures parce que nous continuons à trouver belle
une prison qui brûle et justes les émeutes des
"racailles".

Immatures mais aussi narcissiques. A un point que tu
n'imagines certainement pas...

Ce matin par exemple, à 11 h, nous nous trouvions
belles réuniEs pour un dernier salut à Pierre Seel, tu
sais, ce garçon déporté parce que pédé. Nous étions
belles ce matin, belles et tristes parce que Seel
n'aura pas vu de son vivant une commémoration
unitaire. A Strasbourg, chaque année, la mairesse,
Fabienne Keller s'esquive après la cérémonie
officielle et c'est alors à nous, dans le bruit des
barrières qu'on défait, d'honorer pudiquement la
mémoire des triangles roses.

Oui, nous sommes narcissiques : nous scrutons
avidement les yeux de nos amantEs pour y déceler des
désespoirs et des rages similaires lorsqu'on brûle un
pédé, lorsqu'on assassine unE trans', lorsqu'on nous
humilie.
Nous aimons reconnaître dans le regard des
transpédégouines la même insatisfaction devant ce qui
nous est laissé en pâture comme simulacre de vie.
Et nous avons les larmes aux yeux (notre côté
drama...) lorsqu'unE gaminE sort du placard et
s'aperçoit que dehors, dans le grand vent, la vie est
plus vivable.
Bref, on s'aime. Dans notre multitude.

Car franchement, Tony, nos amantEs sont plus riches,
plus diversEs que tu ne le penses.
Mais il est vrai qu'à ne pas fréquenter le corps des
autres, on ne peut s'imaginer combien nos sexes ne se
ressemblent pas, chaque fois touchants dans leur
singularité.
Nos sexes, nos corps, nos désirs et nos rêves.
Nous sommes grosSES, charnuEs, crevettes, timides ou
expansives, lunatiques ou constantEs, butch et/ou fem,
drôles ou sinistres, poiluEs ou glabres,
révolutionnaires ou réformistes, douces et brutalEs,
avec ou sans paréo Jean-Paul Gaultier...

Donc oui, dans le regard, éphémère ou durable, de nos
amantEs, nous nous trouvons parfois belles, fragiles
et lumineuses - et c'est si bon -, parfois nulLEs ou
inconsistantEs.

Car tu as raison, nous sommes inachevéEs. Pas finiEs.
On remet ça à plus tard.
Nous sommes des processus, pas des états ou des
essences. Nous sommes mobiles, mouvantEs.
Tellement inachevées, seulEs, qu'on a besoin des
autres pour se retrouver, pour lutter ensemble, pour
se tenir chaud dans un monde glacé.
Et ces autres, ce sont tous/-tes celles/ceux que vous
détestez, pourchassez de votre haine : celles/ceux que
la société fragilise - et qui pourtant finiront par
relever la tête, par converger.
Contre les lois iniques, contre le racisme d'État,
contre la précarité de nos vies, contre le sexisme...
Les achevéEs sentent le moisi. Nous sommes encore
vertEs.
Et rouges. Et noirEs.

Ce n'est pas que tu ne nous aimes pas qui nous
chagrine. Au contraire, l'inverse nous terrifierait :
Après des siècles de persécutions, on voit mal
pourquoi tout d'un coup vous vous réveilleriez gay-,
lesbian- et trans-friendly, tolérants, prêts à
accepter nos baisers, nos capotes et nos digues
dentaires, nos jouissances, nos fouets et nos fists,
nos tendresses et nos complicités, nos godes et nos
caresses.

Ce qui est plus grave, c'est que, pourquoi le nier, tu
es écouté : les médias raffolent, ces jours-ci, de
délires réactionnaires.
Ce qui est dramatique, c'est que vous faites la loi en
Pologne, que vous tentez de la défaire en Espagne, que
vous régissez des continents entiers, et que la
France, votre soi-disant fille aînée, à chopé des
escarres à force de s'agenouiller sur vos prie-dieu.

C'est parce que tu peux tenir ce genre de propos,
parce qu'un député, Christian Vanneste, peut parler de
nous comme d'une menace pour l'humanité, que des
gaminEs fuient de chez eux/elles, qu'ils/elles se
suicident, que dans le boulot, dans la rue nous sommes
humiliéEs, agresséEs, insultéEs. Parfois assassinéEs.
Vous êtes la caution et l'incitation à nos
oppressions, à nos exclusions, à nos agressions
(parfois meurtrières) présentes et futures.

On n'ira pas réclamer à l'État qu'il te fasse taire.
Aucune confiance de ce côté-là : il serait mal placé,
lui qui stigmatise les personnes trans' et entérine
notre inégalité dans la loi même.
On a tendance à s'en remettre à nous-mêmes. Une
vieille habitude.
Si tu viens à Strasbourg, pour te plaire, nous serons,
ne t'inquiète pas, à la hauteur de ta description.

En attendant, nous inventons avec d'autres des
complots pour échapper à votre tyrannie - et nous
continuons à nous chercher dans les miroirs que nous
tendent nos partenaires, à mêler nos inachèvements et
à jouir de nos immaturités...



TaPaGeS, le 4 décembre 2005
Transpédégouines de Strasbourg

http://www.tapages67.org/
contact : tapages67@yahoo.com
URL du communiqué :
http://tapages67.org/_pages/com/cp_anatrella_20051204.html




 * Voir
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&articleID=11886
ou
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8698&date_info=2005-12-02
par Tapages (Strasbourg) publié dans : reformez
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Jeudi 1 décembre 2005
Chers cardinaux, Alors que vous vous apprêtez à entrer en conclave sous les peintures de la chapelle Sixtine pour trouver unE successeurE au bien aimé Karol, permettez à la lesbienne noire que je suis de présenter ma candidature à sa succession. Catholique, femme, homosexuelle, noire, je compte par cette lettre de motivation vous prouver que je suis la personne idoine pour incarner l'église du siècle qui s'ouvre. Certes, une candidature protestante, au sexe indéterminé et asiatique ferait aussi l'affaire car je suis persuadée qu'un des premiers enjeux pour les religions est de rompre avec une certaine vision de la nature, une conception essentialiste qui enferme les gens dans leur apparence, notamment de sexe. Malgré tout, je pourrai assurer une visibilité nouvelle. Visibilité de la majorité réelle des catholiques aujourd'hui : nous, les femmes, additionnées aux personnes de couleur et aux invertiEs représentons aujourd'hui très largement la majorité face aux hommes, hétérosexuels et blancs. Mais une visibilité, aussi et surtout, qui fasse comprendre d'emblée que bien des choses doivent changer dans l'église catholique, dans les églises chrétiennes en général, mais surtout dans le monde. Noire, parce que l'Afrique est le continent martyr, symbole de l'écrasement des plus faibles qu'engendre un capitalisme sans entraves à l'échelle mondiale. Africaine, je sais ce que veut dire l'application la plus brutale de la logique productiviste et consumériste : cette logique détruit la création, maltraite les peuples du sud, mais aussi ceux et celles du nord, en commençant par les classes populaires, pour beaucoup issues des migrations. Un nouvel Empire romain crée un apartheid planétaire et laisse par exemple mourir trois millions de personnes du sida en gardant pour lui les brevets des médicaments, en préférant financer les campagnes pour l'abstinence plutôt que celles intégrant l'usage du préservatif. Femme, parce que l'église catholique fut jusque-là le triste symbole des dominations de genre qui en temps de guerre comme dans le quotidien des existences conjugales banales et du travail se traduisent par les violences, l'inégalité professionnelle et d'accès aux fonctions politiques, l'assignation aux fonctions maternelles. Femme aussi parce les féministes chrétiennes furent parmi celles qui dans les églises revendiquèrent le plus fortement de revenir à un modèle communautaire - celui des premières églises - en rupture avec une hiérarchie qui depuis trop longtemps empêche un fonctionnement démocratique et décentralisé de l'église, un véritable partage du pouvoir entre clercs et laïcs. Des problèmes qui sont aussi ceux des démocraties modernes. Parce qu'en Christ, il n'y a plus ni hommes ni femmes, nouvelle papouille de l'église catholique, j'inviterai les chrétiens et chrétiennes à la fraternité et à la sororité, à une démocratisation radicale des églises et des sociétés. Lesbienne, parce qu'il faut rompre avec un moralisme qui empêche d'accueillir chacunE - dans les églises, dans la société- telLE qu'il ou elle est. Parce qu'il faut en finir avec une étroitesse d'esprit qui réduit chacunE à l'image qu'on se fait de lui ou d'elle, au lieu de - comme le fit Jésus - l'inviter, le ou la soutenir pour qu'il ou elle atteigne le plus humain de lui-même ou la plus humaine d'elle même, pour soutenir à son tour ses sœurs et frères. Parce qu'au temps du relâchement des comportements de safe sex au nord, chacunE doit être considéréE comme libre de sa sexualité pour en être responsable. Parce qu'en Christ, il n'y a plus ni homo, ni hétéro, nouvelle papouille de l'église catholique, non seulement je remettrai en chantier l'éthique sexuelle et familiale des églises, mais j'inviterai les sociétés à rediscuter en permanence toutes ces nouvelles idoles que sont les normes d'identité et de n'en accepter aucune comme base d'une quelconque législation discriminatoire. Catholique, parce qu'il est temps de redonner à ce mot son sens premier, c'est-à-dire universel en prenant enfin, réellement en compte ce fait indubitable que tout le monde n'est pas catholique, encore moins chrétienNE, encore moins croyantE, et que le monde des athées existe bel et bien. Nouvelle papouille de l'église catholique, je relancerai le dialogue œcuménique, sortirai le dialogue inter religieux de son impasse élitiste pour en faire la base de l'action pour le monde, en alliance avec les courants humanistes. Parce que l'universel n'est pas donnée d'emblée - par le nord, l'occident ou le marché - mais se construit de la rencontre des diversités, je redonnerai la liberté à touTEs les catholiques du monde de répondre, à leur manière, avec leurs réalités culturelles et sociales à la question de Jésus à ses disciples : " qui dites-vous que je suis ? ". Parce qu'en Christ, il n'y a plus ni juifVE, ni grecQUE, nouvelle papouille de l'église catholique, je prendrai des cours auprès du Dalaï-Lama pour être une conscience pour le monde plutôt qu'une gendarme pour mes fidèles. Chers cardinaux, je ne doute pas que vous m'élirez, conscients que vous êtes de l'urgence pour le monde d'entendre le message d'un évangile libérateur de toutes les dominations, y compris celles des institutions ecclésiales. Dans la foulée, convoquez un Concile de Vatican III et préparez les sandwichs : il va y avoir du boulot ! Les signataires de ce texte, des chrétiens du groupe Pavé, se considèrent comme théologiquement noirEs, femmes et lesbiennes. contact@groupe-pave.org PAVE, 11 rue du Major Martin 69001 LYON. www.groupe-pave.org
par Groupe pavé publié dans : reformez
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Jeudi 14 avril 2005
Chrétiens pour le NON au traité constitutionnel européen

L’Evangile est un appel pour la justice, le partage, la défense des plus faibles, le respect de la création et la nonviolence. A la fin du mois de mai, les Français vont être appelés à se prononcer sur le " traité constitutionnel européen ". Le 29 mars dernier, l'Assemblée des évêques orthodoxes, la Fédération protestante et la Conférence des évêques de France ont largement approuvé ce traité dans un communiqué commun. Il nous semble pourtant qu’il contredit de manière évidente et regrettable les valeurs de l’évangile.

Pour nous qui voulons la paix, cette constitution est porteuse de violence. En terme de guerre militaire, l’article 1-43-3 stipule en effet que " les états membres s'engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires ". Ce qui veut dire que les budgets militaires de chaque état doivent augmenter, alors qu’aucun article ne demande d’accroître les fonds alloués à la solidarité. L’article 1-3-2 quant à lui veut faire de l’Europe un espace où la " concurrence est libre et non faussée ". On nous dit voter Oui pour la paix entre les peuples, mais qu’est-ce qu’une " concurrence libre et non faussée " sinon une guerre économique perpétuelle ? Cette violence de celui qui perd un emploi au nom de la compétitivité est la guerre de tous contre chacun, et non l’amour mutuel prôné par les évangiles.

Pour nous qui cherchons la justice, la charte des droits fondamentaux accolée au traité ne constitue pas une avancée en terme de droits de l’homme. Le droit au travail est remplacé par le " droit de travailler ", l’égalité homme-femme n’est qu’un vœu, la durée du travail n’est pas limitée. Cette charte qu’on demande aux Français de valider est en forte régression par rapport au préambule de 1946 de notre propre Constitution, que chacun devrait relire en conscience.

Pour nous qui refusons le matérialisme, nous ne pouvons nous satisfaire de l’objectif uniquement économique que se donne l’Union dans l’article 1- 3-3 : "L’union œuvre pour le développement durable de l’Europe fondé sur une croissance économique équilibrée…". L’Europe ne semble plus avoir comme idéal que la course à la croissance économique, devenue la véritable religion matérialiste de notre temps. Or, l’Evangile nous invite au refus de l'accumulation matérielle, seule voie vers l'élévation spirituelle. Sur notre planète aux ressources limitées, l’accroissement de la consommation des habitants des pays riches se fait au détriment des autres habitants du globe. Il se fait aussi au détriment de la création que nous dévastons à cause de notre boulimie de consommation. L’Europe a davantage besoin de sobriété et de partage que d’un développement économique sans fin.

Pourquoi les autorités chrétiennes approuvent-elles alors un tel texte, si éloigné de l’humanisme chrétien ? Peutêtre les Eglises approuvent-elles dans ce traité les garanties obtenues par l’article I-52, qui stipule que " l'Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient, en vertu du droit national, les églises et les associations ou communautés religieuses dans les États membres ". Cet article, fruit d’un long lobbying, permet ainsi aux Eglises de continuer leur discrimination, notamment entre les hommes et les femmes.

Nous chrétiens, sommes heureux que les " racines chrétiennes de l’Europe " n’aient pas été accolées à un texte qui érige la loi du plus fort comme règle suprême. C’est par volonté de justice et de partage que nous nous opposons à ce texte. Les autorités chrétiennes se trompent de combat en demandant de reconnaître cette origine culturelle. C’est le capitalisme qu’il faut expulser de la Constitution.

Ce traité contredit pour nous le message de Jésus. Nous appelons tous chrétiens soucieux de la vie sociale et politique à voter NON au traité constitutionnel européen le 29 mai prochain.

Pour signer : contact@groupe-pave.org Ou écrire à : PAVE, 11 rue du Major Martin 69001 LYON.

par Pour une attitude vigilante dans les églises et la société publié dans : reformez
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Samedi 26 mars 2005
-------------- Groupe PAVÉ Le 14 mars 2005, La bible est-elle une production locale chinoise ? Comment l’église catholique participe à l’injustice économique globalisée Le diocèse de Lyon a lancé à partir du 5 décembre 2004, premier dimanche de l’Avent, une grande opération de distribution gratuite de nouveaux testaments (et psaumes). Celle-ci a été particulièrement relayée par les journaux à l’occasion du 8 décembre, fête mariale traditionnelle lyonnaise, aujourd’hui très populaire, connue sous le nom de « Fête des Lumières ». Pour cette opération, le diocèse a fait imprimer en Chine 500 000 nouveaux testaments pour un coût total de 300 000 euros soit 60 centimes d’euros l’unité. Cette façon de procéder est choquante. La bible est-elle un business lucratif ? Par son choix, l’église catholique de Lyon participe à la délocalisation économique des activités. L’argument invoqué pour justifier cette impression à l’autre bout du monde est d’ordre pécunier. Ces bibles devant être données par le diocèse, l’église a refusé de les payer au prix pratiqué dans nos pays. Ainsi elle a pu économiser les 1 ou 2 euros de plus nécessaire à leur impression en € ou en €. Sous couvert d’un don généreux, l’église n’a pas payé cette marchandise à un prix équitable. L’impression a été effectuée à Nankin sur les presses de la Nanjing Amity Printing Company, celle-là même qui éditait pour le monde entier les petits livres rouges de Mao Ze Dong. Si le diocèse ne manque pas d’humour, il manque certainement d’éthique en faisant peu de cas des conditions de travail en Chine. Interrogé par nos soins, le diocèse de Lyon nous a répondu s’être assuré que des enfants ne travaillaient pas dans cette entreprise et qu’elle respectait « les règlements internationaux »… Cette délocalisation aurait même eu des fins humanitaires, ainsi cette commande « donne aussi du travail à ces populations » ! La bible est-elle une matraque ? La minorité chrétienne chinoise a régulièrement du mal à se procurer ce livre et à se réunir pour partager sa foi. Les rapports de l’association d’Aide à l’Eglise en Détresse (AED), liée à l’église catholique, montrent comment les chrétiennes et les chrétiens sont systématiquement intimidé€s, arrêté€s et poursuivi€s par un Etat dictatorial. La solidarité du diocèse de Lyon s’exprime plus envers les oppresseurs qu’envers les opprimés. La bible est-elle une banane ? « Vous achetez bien des bananes qui viennent d’Afrique, pourquoi pas des bibles qui viennent de Chine ? », nous a rétorqué le diocèse se faisant le chantre de la mondialisation libérale. Remplir un avion de bibles, lui faire parcourir 20 000 km, aggraver la pollution et l’effet de serre n’est apparemment pas en contradiction avec les valeurs chrétiennes, comme le respect de la création ! Ce qui nous choque, ça n’est pas que la bible soit une marchandise, mais qu’elle soit produite dans des conditions écologiques et sociales insoutenables. Peut-on sauver les âmes en détruisant les hommes et l’environnement ? Dans un monde d’injustices économiques et sociales, nous aimerions que l’église ait des pratiques économiques sinon exemplaires au moins honnêtes. Nous aurions préféré qu’il y ait moitié moins de bibles distribuées, mais qu’elles soient produites dans des conditions sociales justes. * * * * Groupe PAVÉ 11 rue du Major Martin 69001 Lyon groupe_pave@yahoo.fr -------------------
par Stéphane Lavignotte publié dans : reformez
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